mardi 29 mars 2011

San Remegio

Les aventures ne cessent jamais ici. Comme le disent si bien les gens de Samal : « Nothing is ever real until it is experienced ! » Alors je vis des expériences au maximum! Encore une fois, bien accompagnée de Feritz, nous avons vécu une multitude d’expériences et d’aventures la fin de semaine dernière. Je l’ai rencontrée samedi matin au port, direction vers Samal. D’abord, nous nous sommes rendues chez ses parents, puisqu’on avait besoin de l’équipement de camping. Ils  nous ont très bien accueillies, même à l’improviste. Des poissons grillés, des fruits frais, des légumes et du riz sont rapidement apparus sur la table. Que faire ? Nous avons donc décidé de manger ce régal avant de quitter.  J’ai rencontré ses parents, son frère, sa belle-sœur, sa nièce, ses chats, ses chiens et ses crabes domestiques. Elle m’a donné comme cadeau, une flûte et des boucles d’oreilles typiques de l’endroit. La semaine passée, elle m’avait aussi offert un bracelet d’amitié qu’elle avait fabriqué elle-même.  Tellement chaleureuse et généreuse cette Feritz là!

Sa motocyclette était brisée, alors pas de problèmes, son amie nous a offert de nous prêter sa mobylette pour qu’on se rende à Kaputian.  

C’est une plage extraordinaire où nous avions planifié dormir dans une cabane dans un arbre! Et bien oui Simon, une cabane dans un arbre. Malheureusement, à notre arrivée, elle était déjà louée. Nous avons donc poursuivi notre chemin, en visitant un client de Feritz (elle est physiothérapeute), puisqu’elle a plusieurs clients sur l’île de Samal. Elle considère que c’est plutôt du travail de charité puisque la majorité d’entre eux ne peuvent la payer.  Mais souvent, ils la payent  en nourriture. Les fermiers lui offre des poulets, les agriculteurs des fruits. Et samedi, une motocyclette lui a été prêtée, vu que notre mobylette ne pouvait se rendre à la plage paradisiaque sur la péninsule de l’île. La route de terre est aride, rocailleuse, avec des trous assez creux. Nous avons donc laissé la mobylette chez le client pour l’échanger contre la belle motocyclette solide pour tout terrain. En route, la vue était splendide, l’air était si frais, le soleil brillait et le vent chaud frôlait doucement ma peau en moto. Nous avons monté et descendu des montagnes sur le bord de la mer, avons traversé des jungles pour finalement arriver à destination, San Remegio. Ce petit village de pêcheurs  est le lieu de résidence d’une centaine d’habitants. Nous avons loué une hutte, installé notre équipement de cuisson sur une table au bord de la plage et avons immédiatement sauté à l’eau! 


L’eau est constituée de multiples teintes de turquoise, de bleu et de mauve. Les coraux et les poissons multicolores sont abondants et les pêcheurs se promènent tranquillement en bateau à rames. Nous étions seules sur cette longue plage de sable blanc, avec la jungle à l’arrière. Les criquets nous offraient une musique naturelle en soirée. Il est difficile de décrire  avec des mots un endroit si paisible, il faut le voir pour le croire ! Nous avons rencontré des pêcheurs qui nous ont vendu des poissons pour le souper. Tous de belles couleurs.  Je dois admettre que les poissons de coraux fraîchement pêchés (moins de 30 minutes) sont d’une saveur que je n’ai jamais expérimentée. Nous avons quitté les lieux avec 3 poissons pour environ 3 $. Nous les avons 
grillés sur la plage avec notre riz et nos légumes. Le souper était incroyable.

En soirée, des chasseurs de crabes de coco nous ont montré ce qu’ils avaient attrapé. Ici, le crabe de coco est souvent considéré comme un animal domestique, seulement les gens bien aisés peuvent se le payer. Paraît-il que je suis bien chanceuse d’en avoir vu puisqu’ils sont assez rares.

Le lendemain, lors de ma baignade, j’ai entendu des cris de singes près de la jungle. En regardant dans les arbres, nous avons vu des singes qui nous regardaient dont un bébé avec sa maman et un autre adulte. Notre regard mutuel était paisible, c’était un moment inoubliable. Je me suis baignée toute la journée, j’ai fait de l’apnée dans les coraux, en compagnie de petits garçons qui pêchaient pour le plaisir et je me suis reposée dans mon nouveau hamac qu’un ami a fabriqué.




Encore une fois, nous nous sommes procurées du poisson frais et délicieux sur la plage pour le dîner.  Il était difficile de quitter ce petit paradis, sachant bien que ce serait probablement la dernière fois qu’on le voyait ainsi. Paraît-il que ce terrain a été vendu dernièrement pour la construction d’un resort. Dommage, mais je suis heureuse d’avoir eu la chance de profiter de cette plage encore vierge.
Il nous manquait de piquant et d’aventure à ce voyage…  alors notre motocyclette nous a donné la trouille lors du retour. Feritz avait beaucoup de difficulté dans les montagnes et notre moteur a surchauffé. Après l’étape la plus ardue, nous nous sommes arrêtées. Le village au complet (20 personnes) nous a entourées. Les hommes ont défait la roue et le mécanisme pour nous informer que les freins étaient finis! Un d’entre eux s’est dirigé au magasin le plus près (à plus trente minutes) pour acheter la pièce nécessaire. Plusieurs ont travaillé sur ce problème mécanique, et deux heures plus tard, nous étions de retour sur la route. C’est incroyable, à quel point les gens de ce pays sont serviables et généreux. Ce seraient des exemples à suivre.

Après le long trajet, nous sommes retournées au port de Samal pour y prendre une bouchée, avant de retourner à la grande ville de Davao. Une autre fin de semaine inoubliable en compagnie de Feritz!

lundi 28 mars 2011

Mon beau Davao!

Il est impossible de s’ennuyer ici à Davao. La ville est dynamique, énergisante, remplie d’arts et de culture. D’ailleurs, une grande partie de la culture provient d’une variété de groupes ethniques, tels les Tagalogs (langue nationale), les Visayas (langue très répandue ici dans la région de Davao), les Ilokanos, Bikolanos, et d'autres groupes. La culture des Philippines témoigne de l’influence hispanique, en raison de la colonisation espagnole au 16e siècle.

À prix abordable pour tous (environ 1/5 d’un sous par trajet), les Jeepneys sont les véhicules de transport en commun omniprésents en milieu urbain et ruraux. Ils sont des résidus rénovés de la Guerre de 1939-1945. Les conducteurs de motocyclettes se font aussi le plaisir de nous conduire à un prix semblable. Ils sont très rapides puisqu’ils n’arrêtent pas à tous les coins de rue pour embarquer des gens et remplir le véhicule à sa pleine capacité. Certains, dont j’ai eu la chance de rencontrer, incluent même le casque avec le trajet, quelle aubaine!! Finalement, les taxis, pour les gens plus aisés, font des trajets directs et beaucoup plus sécuritaires; plusieurs ont même des ceintures de sécurité. C’est mon transport privilégié lorsque je sors le soir.  Mon trajet de retour, à environ une demi-heure du centre-ville, ne me coûte que 2$. C’est vraiment un bon endroit ici pour visiter.

Les soirs de semaine, j’explore beaucoup la ville et ses environs avec des amis de la clinique comme Feritz ou Christian, puisque je passe mes fins de semaine à l’extérieur. La semaine dernière, je suis allée à une exposition d’art gratuite, par la suite j’ai mangé un excellent repas sur le toit de cette galerie pour seulement 1.50$. Vendredi soir, nous sommes sorties à un bar, où les amies de Feritz jouaient de la musique. Nous nous sommes pas la suite dirigées à un bar shischa pour parler, manger et danser pendant des heures. Une soirée complète me coûte environ 10$. C’est un paradis pour les étudiants! Il existe une grande variété de musiques aux Philippines, tant traditionnelles que modernes, donc pour tous les goûts.

La nourriture est vraiment excellente. À base d’ail, de gingembre, de lait de coco, de citronnelle et d’épices, les fruits de mer sont parmi les plats de choix des filipinos. Comme ils disent ici, un repas n’est jamais complet sans riz, alors ils nous trouvent drôles lorqu’on mange notre gruau et nos céréales pour le petit déjeuner. Les fruits frais poussent partout, même dans notre cour. Les mangues, les goyaves, les papayes, les ananas, les cocos, les limes, les oranges, et les bananes sont à volonté, alors j’en profite grandement. Les gens aiment bien aussi le poulet et le porc. Mon amie Feritz est végétarienne.  Mais comme elle raffole du poisson, je me nourris incroyablement  bien avec elle, lors de nos escapades les fins de semaine. La fin de semaine dernière, nous avons mangé du poisson fraîchement pêché dans les coraux où nous faisions de la plongée. Sous l’eau, on regardait les pêcheurs qui nous ont vendu le poisson frais qu’on a ensuite  fait griller sur la plage. Quel paradis!
Finalement, je tiens à réitérer à quel point j’admire l’attitude positive, la simplicité et la gaieté des gens d’ici. Tous ont le sourire aux lèvres, les inconnus se parlent, s’entraident et partagent. J’adore réellement mon séjour parmi ces gens merveilleux!