lundi 14 mars 2011

Kaakbay Rehabilitation Center

L’organisation Kapansanan Ay Akibat sa Kaunlaran ng Bayan (KAAKBAY, Inc.) a vu le jour en 2000 lorsqu’un groupe de jeunes diplômés, bénévoles en physiothérapie ont reconnu le besoin de mettre sur place une clinique à but non-lucratif pour les populations défavorisées qui ne pouvaient se payer les soins de réadaptation nécessaires. Aujourd’hui, l’équipe est formée d’une vingtaine d’employés et de bénévoles physiothérapeutes, ergothérapeutes, d’éducateurs spécialisés et d’un infirmier. Une dizaine d’employés et une dizaine de bénévoles offrent leurs services et leur expertise à la communauté.


Après la première année, Kaakbay est devenu un organisme indépendant. Au cours des ans, le centre s’est confronté à plusieurs obstacles comme un feu qui a rasé l’établissement et détruit l’ensemble de l’équipement. Toutefois, en raison de l’esprit de solidarité et d’entraide de la culture filipino, l’entourage qui croyait fortement en la cause a participé à rétablir l’offre des soins du centre en seulement 10 jours.  Il y a maintenant quelques années, le centre a reçu l’hommage d’appartenir au « Ten Accomplished Youth Organizations of the Philippines” pour son leadership communautaire et sa vision exemplaire de services publics.

En dépit de sa mission, le centre est financièrement dépourvu et fonctionne grandement par l’entremise de dons. Les bénévoles et employés achètent eux-mêmes de l’équipement et des jouets pour les interventions. La toilette est brisée, il n’y a pas de lavabo (à part de la cuisine), des coquerelles et même des rats partagent l’espace mais malgré tout cela, l’atmosphère est rayonnante et parmi les plus joyeuses que j’aie vécue en clinique. L’équipe jouit d’un esprit familial qui pourrait grandement profiter à notre culture occidentale.  Nous partageons tous nos repas, plusieurs discussions intéressantes et même des activités de loisir. C’est impressionnant de voir à quel point il est impossible d’être seul ici. Contrairement à notre culture individualiste qui favorise la vie privée, ici peu de gens souffrent de solitude. Le réseau social (le vrai) est un attribut crucial qui enrichie la vie de ces gens bien au delà des gains matériaux. Cette vraie richesse est tout aussi, si non plus importante que notre quête de la stabilité 
financière. Elle rapporte le soutien, la compagnie et l’amour.

Dans le cadre de mon stage, cinq clients âgés de 3 à 7 ans m’ont été assignés. Certains me visitent deux fois ou trois fois par semaine. Ils sont tous atteints du spectre de l’autisme. Afin d’encourager mon apprentissage, mon superviseur m’a assigné des cas sévères. Le défi est donc bien évident. La clinique a recours à une approche thérapeutique bien intéressante mais controversée au Canada, il s’agit de l’intégration sensorielle. J’apprends beaucoup sur une base quotidienne au sujet du trouble du spectre de l’autisme et son impact sur l’enfant, son développement, sa famille ainsi que les interventions possibles. J’apprends aussi à être sévère et ferme avec mon ton ainsi que physiquement pour restreindre les comportements inappropriés tout en étant sensible aux craintes et aux distorsions.

Mes collègues m’enseignent beaucoup mais la beauté de l’entraide entre les parents me touche particulièrement. À chaque jour, les parents s’assoient dans une hutte à l’extérieur du centre. Ils s’entraident, partagent des repas (tout en nous offrant aussi) et rigolent ensemble pour passer le temps de la thérapie de leur enfant. J’apprends beaucoup des gens ici, j’aime leur personnalité, leur sens de l’humour et leur culture en général.

1 commentaire:

  1. Wow! Ça semble plutôt paradisiaque les paysages par chez vous!!!!!! C'est beau à en couper le souffle!!! :)
    Je viens juste de voir tes photos, parce que j'avais mis le signet à ton premier billet, et pas à ton blogue entier! Ça m'a pris 2 semaines le réaliser!
    J'espère que toi et Maryève vous plaisez bien! Prenez soin de vous,
    xox
    Isabelle

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